Le monde tranche contre l'idée : 64 % refusent de considérer le mariage comme dépassé, contre 14 % qui le pensent. Un cinquième des votants (21 %) reste sans avis, ce qui est beaucoup. C'est le signe d'une question dont la réponse dépend surtout de la vie qu'on mène.
L'écart de genre est le plus net du jour : les femmes rejettent l'idée massivement (86 % de non), quand les hommes se dispersent entre les trois options et concentrent l'essentiel de l'indécision.
Par âge, les 18-24 ans suivent la majorité mondiale sans l'amplifier, les 45-54 ans sont unanimement contre l'idée, et les 65 ans et plus se partagent en deux parts égales. La génération la plus proche de l'âge du mariage est donc moins catégorique que celle qui l'a déjà traversé.
Les voix les plus soutenues du débat viennent des deux camps à la fois, et disent presque la même chose. Côté « non », on défend un engagement qui protège juridiquement et garde une valeur symbolique, avec un argument revenu plusieurs fois : le mariage ne disparaît pas, il s'est adapté, et son ouverture aux couples de même sexe le prouve.
Côté « oui », personne ne réclame la fin de l'institution. On y décrit plutôt une case à cocher, un marqueur social dont la pression devrait retomber, chacun restant libre de s'y engager ou non. Une voix résume l'ironie du camp par une formule empruntée à Beigbeder, « l'amour dure trois ans », mais l'argument de fond reste celui du choix.
Le point de crispation n'est donc pas l'utilité du mariage, mais son caractère obligatoire. Les deux camps s'accordent sur un point que la voix la plus consensuelle formule directement : il n'existe pas de réponse universelle, tout dépend des convictions, de la situation familiale et fiscale de chacun.