Le monde penche pour la prison, sans emporter la décision : 50 % de « oui », 36 % de « non », 14 % sans avis. C'est exactement le partage d'une question où chacun sent qu'il manque une information : l'âge, le degré de contrainte, la gravité des faits.
Le clivage le plus fort de la journée est celui du genre, avec trente points d'écart : les femmes votent largement pour la prison (80 %), les hommes se divisent en deux moitiés égales.
Par âge, les 18-24 ans sont les plus sévères et tirent le résultat mondial vers le « oui ». Les 25-34 ans font exactement l'inverse, unanimement contre l'incarcération. Les 45-54 ans et les 65 ans et plus se partagent en deux.
Le débat, lui, ne recoupe pas le vote : les prises de parole les plus soutenues viennent du camp minoritaire. Elles demandent de distinguer celui qui dirige le trafic de celui qui n'en est que l'exécutant, et rappellent qu'emprisonner une petite main ne fait pas tomber le réseau, car elle sera remplacée par une autre.
L'argument de la vulnérabilité revient : un mineur recruté et manipulé par des adultes relèverait d'un accompagnement éducatif plutôt que de la détention. En face, le camp majoritaire tient une ligne simple, formulée en anglais par une voix : toute action a des conséquences, et la jeunesse n'en dispense pas.
Le seul vrai échange du fil déplace la question. À la crainte que la prison enferme durablement dans la délinquance, une réponse concède le risque tout en refusant la conclusion : ce n'est pas la sanction qui est en cause, c'est un système pénitentiaire trop punitif et pas assez tourné vers la réinsertion. Le débat glisse ainsi de « faut-il punir ce jeune » à « à quoi sert la prison ».