Verdict massif : 83 % veulent qu'un élu condamné soit inéligible à vie, contre 17 % qui s'y opposent. Personne ne se réfugie dans l'absence d'avis. Sur ce sujet, tout le monde tranche.
Les hommes sont unanimement pour. Les femmes soutiennent aussi largement la mesure, mais fournissent l'intégralité de l'opposition : c'est de là que vient la nuance du round.
Par âge, le soutien est total chez les 25-34 ans, les 45-54 ans et les 55-64 ans, et très fort chez les 18-24 ans. Seuls les 65 ans et plus se partagent en deux : la tranche la plus ancienne est la seule à hésiter sur la sanction définitive.
Le débat justifie le verdict par l'exigence d'exemplarité. Les arguments les plus soutenus tiennent en une idée : une élection repose sur la confiance, certaines fonctions exigent un niveau de confiance absolu, et une condamnation pour corruption, détournement de fonds ou abus de pouvoir rend cette fonction définitivement incompatible. Ce n'est pas une punition à vie, précise une voix, c'est une incompatibilité.
Le fil s'incarne vite dans des noms, Le Pen, Sarkozy, Marine, et l'un des échanges les plus animés se conclut par un rappel sec : on parle d'une condamnation, pas d'un excès de vitesse. Une prise de parole a été laissée en vocal, où l'on entend le raisonnement se construire à voix haute autour de la même idée : abuser de la confiance des électeurs devrait fermer la porte des élections suivantes.
Le camp du « non » ne défend jamais l'élu condamné. Il conteste seulement l'automatisme : tout dépend de la gravité de l'infraction, et l'inéligibilité à vie ne devrait s'appliquer qu'aux faits les plus graves, ceux qui portent réellement atteinte à la confiance publique. Entre les deux camps, l'écart porte donc moins sur le principe que sur le seuil.